La parution d’un numéro 100 pour une revue trimestrielle, c’est près de 30 années d’existence, d’efforts intellectuels et financiers, de contraintes éditoriales toujours renouvelés et sans cesse remis en question. L’APSTE (Association nationale des Professeurs de Sciences et Techniques Economiques) puis l’APEG (Association nationale des Professeurs d’Economie et Gestion) et, enfin, l’APCEG Association nationale des Professeurs de Communication, Economie et Gestion) après sa fusion avec l’APCEP (Association des Professeurs de Communication de l’Enseignement Public) ont réussi à relever cette gageure. Si les sigles ont changé et évolué, l’esprit de l’association lui est resté le même et je puis en témoigner.
Adhérent depuis 1977 et membre du bureau national depuis 1979, aux premières heures de l’association, j’ai vu « défiler » de nombreuses assemblées générales, réformes ou réformettes, circulaires et notes de service, etc… qui ont jalonné ces trente dernières années. J’ai eu le plaisir de travailler avec tous les Présidents successifs de l’association. Gérard ROLLAND de Montpellier, le fondateur, avec quelques collègues du sud de la France et plus particulièrement le regretté Jean-Paul COUDERC de Béziers et Jean Pierre MONIER de Nîmes. A ces pionniers sont venus s’ajouter le « clan des Lyonnais » représenté par Jacques VANDERKAM et André BORDET et la « nordiste » Anne MATHIEU. C’était le temps des feuillets dactylographiés (!), reproduits au stencil à encre (!!) et agrafés manuellement (!!!).
Ces feuillets, ancêtres des « Cahiers Economie et Gestion », permettaient déjà à l’association de véhiculer auprès des adhérents de toute la France les nouveautés pédagogiques et/ou des connaissances juridiques, économiques, etc.
Philippe GERMAK, deuxième Président, a permis essentiellement à l’association de s’ouvrir au monde universitaire et les nombreuses assemblées générales qui se sont tenues dans les locaux du CNAM à Paris peuvent en témoigner.
Christian BIALES, troisième Président, a su insuffler un véritable changement de cap à l’association. Les « Cahiers Economie et Gestion », c’est lui qui les a créés, qui les a inspirés et guidés de nombreuses années. Autour de lui de nombreux collègues de toute la France (Anne MATHIEU de Lille, Bernard KALOUDOFF de Nice, Gérard LEMOINE de Nantes, Jean Marc AURIAC de Montpellier, le regretté Jacques VAUDREY de Besançon, Claude LOBRY de Paris, Monique METRAT de Tours, Christian GUILLAUME de Grenoble et moi-même de Colmar) ont su mener la barque de l’association au moment le plus intense de sa vie. Trésorier à la fin des années 80 et pendant la décennie 90, j’étais sur le point d’enregistrer, au moment de la transformation des classes G en sections STT, le 2000e adhérent de l’association. Temps heureux de la vie associative, temps béni pour le trésorier, le nombre des adhérents est resté malheureusement bloqué à 1996 membres, nombre qui peut faire rêver le trésorier actuel ! Il est vrai, qu’à l’époque, l’Internet n’existait pas, les revues virtuelles non plus alors que l’esprit associatif lui existait. Les « choses » n’allaient pas tarder à changer et c’est bien dommage et regrettable.
Jean-Louis RIVAUD, quatrième Président de l’association, a dû, le premier, intégrer ces changements et la baisse continuelle des adhérents. Jean-Louis RIVAUD a su développer les rapports avec les instances ministérielles et plus particulièrement avec l’Inspection Générale d’Economie et Gestion.
Lors de l’assemblée générale de Bourg en Bresse en 2000, j’ai succédé à Jean-Louis RIVAUD pour devenir le cinquième Président de l’association. J’arrive aujourd’hui à la fin de ma « mandature de huit années » et, pour diverses raisons dont l’âge et quelques petits problèmes de santé ces derniers temps sont les principales, je souhaite « passer la main ». Avant de quitter ce poste qui m’a apporté d’énormes satisfactions personnelles, je voudrais associer à ce bilan tous les membres du conseil d’administration qui ont, pour la plupart, fait avec moi ce « chemin de huit ans » et à qui j’ai pu rendre hommage lors des assemblées générales de ces dernières années. Je tiens à mettre en avant particulièrement Sylvie CORDESSE qui, rédactrice des « Cahiers Economie et Gestion » depuis quelques années, a su insuffler un vent nouveau en proposant des articles d’une qualité remarquable ainsi que Richard FOECHTERLE, inlassable trésorier depuis cette assemblée générale de Bourg-en-Bresse.
J’ai la conviction que le futur CA, auquel je continuerai à participer en tant qu’administrateur, saura accueillir des nouveaux membres et développer une dynamique autour d’un nouveau Président.
Je souhaiterais rappeler ici les principales actions qui ont été menées depuis l’an 2000 afin de faire un bilan de clôture qui, en bon comptable que je suis, sera transmis avec « toute son intangibilité » pour le bilan d’ouverture de celui ou celle qui me remplacera. L’idée directrice qui a guidé mes travaux pendant ces années a toujours été de mettre l’association en relation avec un maximum d’interlocuteurs. J’ai ainsi pu mettre en place ou pérenniser des relations avec :
- l’Inspection Générale d’Economie et Gestion que l’association a rencontrée de nombreuses fois et ce régulièrement au cours des diverses années scolaires.
- la Conférence des Présidents, longtemps animée par notre collègue Claude LOBRY, avec laquelle nous avons mené un certain nombre de « combats » et rencontré plusieurs fois les élus de notre nation que ce soit à l’Elysée, à l’Assemblée Nationale ou au Sénat.
- les Conseillers pour le Commerce Extérieur qui, toujours bénévolement, se sont proposés pour animer quelques conférences lors de nos Journées Pédagogiques. Il convient ici de rappeler que ces Conseillers, nommés par le Premier Ministre, ont, entre autres, la mission d’informer par le biais de conférences les lycées ou écoles qui en font la demande.
- l’Institut De l’Entreprise que j’ai rencontré de nombreuses fois et, grâce à la collaboration très précieuse de Gérard THORIS, de nombreux professeurs d’économie et gestion de toute la France ont pu participer, et pourront encore participer en 2009, aux entretiens Louis le Grand à Paris pendant les derniers jours du mois d’août.
- l’Association des Professeurs de Communication de l’Enseignement Public (APCEP) avec qui l’APEG avait noué de tels liens que ceux-ci ont abouti à la fusion des deux associations. Je tiens également à relever que l’idée et l’organisation des JPS émanent des collègues de cette association. Cette fusion a permis une ouverture sur d’autres enseignements et l’apport de nouvelles forces au sein du CA de l’APCEG comme parmi ses adhérents. L’APCEG garde d’ailleurs encore des liens étroits avec l’APCEP Sénior régulièrement représentée à tous nos réunions de CA.
- l’Association des Professeurs de Vente (APV) que l’APCEG rencontre régulièrement lors de leurs congrès annuels.
- l’Association des Professeurs des Diplômes de Comptabilité et Gestion (APDCG, ex APDECF) avec qui l’APCEG a mené un certain nombre d’actions afin de permettre une meilleure passerelle des élèves de terminale STG vers les classes post baccalauréat de cette spécialité et une grande interférence entre les enseignants de ces diverses classes.
Toutes ces actions ont toujours eu un seul dénominateur commun : faire connaître nos sections, pré ou post baccalauréat, auprès des instances afin que nos élèves ou étudiants puissent être accueillis dans les meilleures conditions et que les diplômes, auxquels nous les préparons, aient de véritables débouchés et soient pleinement reconnus par les futurs employeurs. Les diverses réformes que nous avons subies pour les unes, souhaitées pour d’autres, n’ont pas toujours su concrétiser tous nos voeux.
Je terminerai mon mandat de Président en émettant un grand regret : depuis quelques années, il me semble que les associations en général, et la nôtre n’y échappe pas, n’ont pas l’audience qu’elles mériteraient auprès des décideurs dont les décisions engagent non seulement nos adhérents mais aussi ceux pour qui nous avons choisi ce métier : les élèves… Qui mieux que nous pourrait défendre la qualité de leur formation ? Le mode d’élaboration de la réforme actuelle des lycées illustre bien cette préoccupation.
Cette réforme s’annonce particulièrement vaste. Il s’agit de repenser toute l’organisation des classes et des disciplines de la 2de à la terminale. Pour nous qui venons de vivre de l’intérieur la transformation des STT en STG, nous savons comment des perspectives de changement peuvent faire jaillir des attentes, formuler des besoins, mobiliser des énergies. Nous avons une expérience récente à faire partager et des valeurs à défendre :
La voie technologique a fait ses preuves dans la scolarisation des élèves en difficulté scolaire, souvent issus de classes populaires.
Dès le mois de septembre, nous avons donc demandé une entrevue à J.P. de Gaudemar, pilote de la réforme. Hélas, à l'heure où nous écrivons ces lignes, celle-ci ne nous a pas été accordée.
Certes le lycée actuel a besoin d’une réforme d’ampleur pour atteindre les objectifs de 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat et de 50 % de diplômés au niveau de la licence, comme le demande un des indicateurs de référence de l’Union Européenne.
Mais repenser l’organisation du lycée exige du temps : celui de la réflexion, de la concertation, de l’expérimentation.
Pourquoi le gouvernement actuel opère t-il dans la précipitation et avec si peu de consultations ?
Xavier Darcos a informé le 21 octobre sur la réforme du lycée 1. Dès la rentrée 2009, une nouvelle organisation s’appliquera à la classe de seconde. Les enseignements généraux de tronc commun (21 heures hebdomadaires) seront complétés par des enseignements complémentaires sous forme de modules (6 heures hebdomadaires) regroupées dans 4 modules : humanités, sciences, sciences de la société et technologie. L’option IGC actuelle devrait être remplacée par deux modules d’ISG (initiation aux sciences de la gestion) classés parmi les « sciences de la société ». Le texte cité ci-dessus affirme que le caractère spécifique de la voie technologique est maintenu.
Un certain nombre de questions se posent :
- Pourquoi les Sciences de gestion ne sont-elles pas dans le parcours Technologies ?
- Pourquoi les insérer dans le parcours Sciences de la société ?
- Les actuels élèves de la série technologique STG seront-ils des lycéens du parcours Sciences de la société ?
- Si oui avec quel dosage entre « sciences de la gestion » et les autres disciplines : Sciences Economiques et Sociales, Histoiregéographie et Sciences de gestion ?
- Est-ce une fusion de la série ES et STG qui ne dit pas son nom ?
- Les parcours proposés seront-ils lisibles pour tous ?
Les objectifs réels de la réforme en cours sont-ils d’adapter les enseignements aux évolutions scientifiques, d’élever le niveau conceptuel, de tenter de mieux préparer les jeunes à l’enseignement supérieur ou de baisser la dépense publique pour l’éducation ? L’APCEG est disponible pour élaborer des propositions.
1. Voir la note d’information sur le site http://www.education.gouv.fr/cid22779/reforme-du-lycee.html
|